Chronique d'été
Voici deux auteurs dont on devrait relire quelques lignes parfois pour se conduire plus justement ; à méditer durant l'été avant la rentrée.
Lors d'une consultation client cette citation m'est revenue à l'esprit, car elle s'accordait parfaitement à la situation.
Une proposition amiable avait été faite à mon client, mais celui-ci faisait la fine bouche, il en voulait davantage alors que le dossier juridiquement était plus que fragile.
Il s'agit d'Epictète dans son manuel qui dit :
« Souviens toi que tu dois te conduire dans la vie comme dans un banquet. Un plat fait le tour et arrive jusqu’à toi : tends la main, prends-en modestement. Il passe : ne le retiens pas. Il n’est pas encore là : ne l’attire pas de loin. »
Il me vient aussi à l'esprit ce texte magnifique de Victor Hugo quand je lis des conclusions adverses truffées de reproches ou que j'entends un ou une épouse plein de ressentiments envers son conjoint.
"Braves gens, prenez garde aux choses que vous dites !
Tout peut sortir d’un mot qu’en passant vous perdîtes ;
TOUT, la haine et le deuil ! Et ne m’objectez pas
Que vos amis sont sûrs et que vous parlez bas.
Écoutez bien ceci : tête-à-tête, en pantoufle,
Portes closes, chez vous, sans un témoin qui souffle,
Vous dites à l’oreille du plus mystérieux
De vos amis de cœur ou si vous aimez mieux,
Vous murmurez tout seul, croyant presque vous taire,
Dans le fond d’une cave à trente pieds sous terre,
Un mot désagréable à quelque individu.
Ce MOT — que vous croyez qu'on n’a pas entendu,
Que vous disiez si bas dans un lieu sourd et sombre —
Court à peine lâché, part, bondit, sort de l’ombre ;
Tenez, il est dehors ! Il connaît son chemin ;
Il marche, il a deux pieds, un bâton à la main,
De bons souliers ferrés, un passeport en règle ;
Au besoin, il prendrait des ailes, comme l’aigle !
Il vous échappe, il fuit, rien ne l’arrêtera ;
Il suit le quai, franchit la place, et cætera
Passe l’eau sans bateau dans la saison des crues,
Et va, tout à travers un dédale de rues,
Droit chez le citoyen dont vous avez parlé.
Il sait le numéro, l’étage ; il a la clé,
Il monte l’escalier, ouvre la porte, passe,
Entre, arrive et railleur, regardant l’homme en face
Dit : « Me voilà ! Je sors de la bouche d’un tel. »
Et c’est fait. Vous avez un ennemi mortel.
