Jean Claude Ameisen et Kailash Satyarthi (Extraits)

24/10/2017

Jean-Claude AMEISEN et Kailash SATYARTHI, dans l'émission : "Sur les épaules de Darwin", le samedi 18 février 2017, France Inter par Jean-Claude Ameisen, La promesse de l'aube

"Nos enfants viennent à travers nous de plus loin que nous. Vos enfants ne sont pas vos enfants, ils sont les fils et les filles du désir que la vie a d'elle même, ils viennent à travers vous, mais pas de vous. Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas vous pouvez leur donner votre amour mais pas vos pensées car ils ont leurs propre pensée. Vous pouvez abriter leurs corps, mais pas leurs âmes car leurs âmes habitent la maison de demain que vous ne pouvez visitez pas même dans vos rêves. Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux, mais ne cherchez pas à les faire devenir comme vous car la vie ne va pas en arrière, ne s'attarde pas avec hier. Vous êtes des arcs par qui vos enfants comme des flèches vivantes sont projetés; que votre main d'arches les projette vers la joie. Nous avons tous été un jour des êtres sans défense, incapables de nous nourrir seuls, de nous protéger seuls, de vivre seul, sans la tendresse des adultes qui se sont penchés sur nous et plus tard nous essayerons de rendre à ceux qui nous entourent et qui nous survivrons ce que nous avons nous même reçu au début de notre existence de celles et de ceux à qui nous n'avions rien donné et de tant d'autres que nous ne connaitrons jamais. Avons nous une dette du seul fait que nous sommes venus au monde ? (Khalil Gibron le prophète)

Nos enfants ne sont pas nos enfants car ils viennent de plus loin que nous et ils ne nous appartiennent pas. Mais nous sommes responsables des enfants de tous les enfants et pour cette raison, tous les enfants démunis, exploités, abandonnés, sont nos enfants.

 Amis, le comité Nobel m'a généreusement invité à donner une conférence, respectueusement j'en suis incapable. Parce que je représente ici le son du silence, le cri de l'innocence, et le visage de l'invisibilité. Je représente le visage de ces millions d'enfants abandonnés et c'est pourquoi j'ai laissé ici une chaise vide comme un rappel. Je suis venu ici pour partager les joies et les rêves de nos enfants parce qu'ils sont tous nos enfants. Amis, il n'y a pas de plus grande violence que de priver nos enfants de leurs rêves. Pour cette raison, je refuse d'accepter que le monde soit aussi pauvre alors que seulement une semaine de dépense militaire dans le monde suffirait amener tous les enfants dans une salle de classe. Je refuse d'accepter que toutes les lois et les constitutions, polices et juges soient incapables de protéger nos enfants. Je refuse d'accepter que les chaînes de l'esclavage puissent être toujours plus fortes que la quête de la liberté. Je refuse d'accepter; mon seul but dans la vie est que chaque enfant soit libre d'être un enfant, de grandir et de se développer, libre de manger, dormir et voir la lumière du jour, libre de rire et pleurer, de jouer et d'apprendre, libre d'aller à l'école et plus que tout, libre de rêver"

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